samedi 4 avril 2020

ParisV - Métaphysique de la guerre




[Couplet 1]
L’honneur viril, l’honneur solaire
Sont dressés, immenses colosses
Attendant que l’art de la guerre
Ne vienne délier leur force
La force brute et créatrice
Qui, cherchant de nouveaux torrents
D’où déborder en océans
Libre sera dévastatrice

[Refrain]
Les montagnes qui se fissurent
Vomissent des fleuves de feu
Et Satan, jaloux et honteux
Maudit l’ardeur de la nature
Il se sent piteux et amer
L’ange déchu jusqu’au forçat
Qui a pu ourdir bien des guerres
Mais jamais monter au combat !

[Couplet 2]
Chaque nation n’est plus qu’une âme
Réalisée dans ce bras lourd
Frappant comme un tonnerre sourd
Pour forger l’éternelle lame
Si le zénith brûle à minuit
Éblouissant dans son éclat
Quel regard humain soutiendra
La folie des nouveaux midis ?

[Refrain]
Les montagnes qui se fissurent
Vomissent des fleuves de feu
Et Satan, jaloux et honteux
Maudit l’ardeur de la nature
Il se sent piteux et amer
L’ange déchu jusqu’au forçat
Qui a pu ourdir bien des guerres
Mais jamais monter au combat !

[Couplet 3]
Et c’est toujours un seul instant
Qui déchaîne le flot furieux
Celui du grand choc des titans
Où combattent hommes et dieux
Et jaillit du creuset énorme
Le souffle martial et divin
Qui taille de nouvelles normes
S’élevant dans l’azur sans fin

[Refrain] x3
Les montagnes qui se fissurent
Vomissent des fleuves de feu
Et Satan, jaloux et honteux
Maudit l’ardeur de la nature
Il se sent piteux et amer
L’ange déchu jusqu’au forçat
Qui a pu ourdir bien des guerres
Mais jamais monter au combat !

vendredi 3 avril 2020

ParisV - Le Sentiment Du Tragique




[Couplet 1]
Le ciel s’est éloigné de l’homme
L’homme s’est éloigné de tout
Chacun en somme est économe
Ou en blasphème, ou en courroux
Le monde meurt et c’est tant mieux
On ne va pas le regretter
À ce qu’il paraît même Dieu
Aurait cessé de s’en soucier

[Refrain]
Et l’ouragan se lèvera, et il recouvrira les voix
Des faux dieux qui s’écroulent
Des peureux et des foules
Et la tourmente impitoyable taira les râles lamentables
Des faux dieux qui s’écroulent
Des peureux et des foules

[Couplet 2]
Combattons le feu par le feu
Et qu’un nihilisme assumé
Étrangle le mourant honteux
Pour lui-même se dépasser
Précipitons l’apocalypse
Ce chien que nous tenons en laisse
Jetons un dernier regard triste
Car nous sourirons dans l’ivresse

[Refrain]
Et l’ouragan se lèvera, et il recouvrira les voix
Des faux dieux qui s’écroulent
Des peureux et des foules
Et la tourmente impitoyable taira les râles lamentables
Des faux dieux qui s’écroulent
Des peureux et des foules

[Couplet 3]
Retrouvons le sens du tragique
Et de la grandeur de la vie
Cette puissance magnifique
Qui se surpasse à l’infini
Effaçons les derniers mirages
Oublions les arrière-mondes
Et cinglons vers les grands rivages
De nos éternités profondes

[Refrain] x2
Et l’ouragan se lèvera, et il recouvrira les voix
Des faux dieux qui s’écroulent
Des peureux et des foules
Et la tourmente impitoyable taira les râles lamentables
Des faux dieux qui s’écroulent
Des peureux et des foules

jeudi 2 avril 2020

Paris Violence - Mémoires D'Exil




[Couplet 1]
Je revois mon Cinquième en vieux reflets dorés
Cette or un peu passé, qui patine les cadres
De toiles oubliées tout au fond des musées
Et qu'aucun visiteur c’est connu ne regarde
La rue Lhomond si belle en ces jours de Novembre
Prenait l'après-midi des couleurs 1900
C'est derrière un vitrail qu'il paressait descendre
Ce Soleil art nouveau aux délicats pigments

[Refrain]
Mais moi je l'ai quitté comme on quitte une femme
Par un beau soir d'Été sans adieu et sans larmes

[Couplet 2]
Puis il y avait la Mouff’ et ses quelques tavernes
Où l'on pouvait noyer ses tristesses d'Automne
Accablé sur le zinc dans un demi-jour terne
Attendant qu'un rayon déride la patronne
Si ces chers souvenirs ne m'embrouillent pas trop
Il y avait square Baz’ encore quelques terrasses
On y buvait un noir minuscule et trop chaud
Qui malgré ce détail avait toute nos grâces

[Refrain]
Mais moi je l'ai quitté comme on quitte une femme
Par un beau soir d'Été sans adieu et sans larmes
Un homme ne pleure pas sous les coups que lui porte le destin
Il a seulement le droit de serrer encor plus fort les poings

[Couplet 3]
Je revois Saint-Michel dans le gris des dimanches
Coulant du Luxembourg à la Seine blafarde
Les platanes griffant le ciel bas de leurs branches
Comme pour lui soustraire l'orage qui tarde
Je revois la Huchette encombrée de touristes
Les étudiants pressés traversant Saint-Germain
Les vitrines obscures de vieux bouquinistes
Le marché de Maubert dans le petit matin

[Refrain]
Mais moi je l'ai quitté comme on quitte une femme
Par un beau soir d'Été sans adieu et sans larmes
Un homme ne pleure pas sous les coups que lui porte le destin
Il a seulement le droit de serrer encor plus fort les poings

[Couplet 4]
Je revois les recoins du curieux bric-à-brac
Dans la lueur sucrée des lampes champignons
Thébaïde exotique, antre monomaniaque
Fermé de lourds rideaux chamarrés de festons
Les nymphes de Mucha les volutes Guimard
Les sabres orientaux les bouquets d'orchidées
Dans les fumées d'encens évitaient le regard
D'un bouddha hystérique et d'un tigre empaillé

[Refrain]
Mais moi je l'ai quitté comme on quitte une femme
Par un beau soir d'Été sans adieu et sans larmes
Un homme ne pleure pas sous les coups que lui porte le destin
Il a seulement le droit de serrer encor plus fort les poings

mercredi 1 avril 2020

ParisV - Nihilisme Actif




[Couplet 1]
Une hiérarchie de valeurs
Dégagée à coups de marteau
Ranime le vide intérieur
De l’éclat nouveau des flambeaux
Le cri d’une matière inerte
Qui implore qu’on la modèle
En faisant jaillir de sa perte
De grandes gerbes d’étincelles

[Couplet 2]
Le monde est mort d’indigestion
Mais son ultime embrasement
Est pour le cœur du forgeron
L’ivresse d’un jeune printemps
Chaque ruine est une promesse
Et chaque chaos une étoile
Fleurs de folie et de sagesse
Entrouvrant d’immenses pétales

[Refrain]
La tempête se lève et les continents tremblent
L’orage en gestation balaiera vos nations
Le vieux monde enfin crève et de nouveaux ensembles
Surgissent du brasier de la recréation

[Couplet 3]
Dieu est mort de sa belle mort
Il renaîtra sous d’autres formes
Car lorsqu’un univers s’endort
Incubent de nouvelles normes
L’éthique contre la morale
Dionysos buvant Apollon
Et de l’étrange noce astrale
Enfin fusent mille rayons

[Refrain]
La tempête se lève et les continents tremblent
L’orage en gestation balaiera vos nations
Le vieux monde enfin crève et de nouveaux ensembles
Surgissent du brasier de la recréation
La tempête s’achève et des forges fumantes
Sort étrange et radieux un colosse d’airain
Son rire est formidable et sa poigne puissante
Pétrit déjà l’argile de nouveaux matins

[Couplet 4]
L’homme est mort de n’avoir pas su
Devenir plus grand que son ombre
Et il a succombé vaincu
Par la stupide loi du nombre
Mais ceux qui se relèveront
De ce cataclysme divin
Pourront enfin changer de nom
Et briser le carcan humain

[Refrain]
La tempête se lève et les continents tremblent
L’orage en gestation balaiera vos nations
Le vieux monde enfin crève et de nouveaux ensembles
Surgissent du brasier de la recréation
La tempête s’achève et des forges fumantes
Sort étrange et radieux un colosse d’airain
Son rire est formidable et sa poigne puissante
Pétrit déjà l’argile de nouveaux matins

lundi 30 mars 2020

Paris Violence - Le Gouffre Intérieur




[Couplet 1]
Penchés sur notre vie comme sur un abîme
On essaie de scruter le fond du précipice
Espérant pour résoudre l’infernale énigme
Qu’on y trouvera bien le début d’un indice
Mais les flots qui vont mourir sur les rocs lointains
Ne charrient rien de plus que leur écume froide
Tout au plus pourra-t-on, par un triste matin
Y terminer, brisés, notre ultime glissade
Et l’idée nous caresse en son vertige
D’enfin liquider nos navrants vestiges

[Refrain]
Et ce vide qu’on porte en nous
Faute de pouvoir le comprendre
Nous appelle à lui tout à coup
Et ses mains cherchent à nous prendre

[Couplet 2]
Alors à contrecœur on soulève la dalle
Sous laquelle pourrissent nos vieux souvenirs
Parmi les ossements luira bien une étoile
Pour éclairer un peu notre étrange martyre
Mais l’immonde caveau aurait dû rester clos
Qui ne renferme rien qu’un amas de charognes
On les pousse du pied en baissant le flambeau
Et rien ne vient couronner l’affreuse besogne
Sinon l’idée de ne plus remonter
Pour finir ici nos jours insensés

[Refrain]
Et ce vide qu’on porte en nous
Faute de pouvoir le comprendre
Nous appelle à lui tout à coup
Et ses mains cherchent à nous prendre
Mais on lutte, on s’éreinte
Contre l’horrible étreinte
On s’agrippe au vieux bastingage
Pour exorciser le naufrage

[Couplet 3]
Nous voici à présent dans le réseau complexe
De nos nerfs, de nos veines et de nos vaisseaux
C’est à contre-courant que nous ramons, perplexes
Sur les torrents qui remontent vers nos cerveaux
En observant, anxieux, les parois vermillonnes
Qu’entaillera peut-être un curieux hiéroglyphe
Mais nos regards curieux et nos mains qui tâtonnent
Ne rencontrent pas l’ombre d’un mot apocryphe
On plongerait bien dans ces flots garance
Pour nous noyer dans nos propres béances

[Refrain] x2
Et ce vide qu’on porte en nous
Faute de pouvoir le comprendre
Nous appelle à lui tout à coup
Et ses mains cherchent à nous prendre